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Méthode · 3 février 2026 · 8 min de lecture

Cadences de nettoyage : le vrai calcul derrière un devis au m²

Un prix au mètre carré n’est jamais une donnée de départ : c’est un résultat. Voici les quatre variables qui le déterminent, et pourquoi deux plateaux de même surface peuvent se chiffrer du simple au double.

Sommaire

On ne vend pas des mètres carrés, on vend des heures

Toute la profession communique en euros par mètre carré et par mois, parce que c’est comparable. Mais aucune entreprise de propreté ne calcule ainsi. Le raisonnement réel part du temps : combien d’heures faut-il pour exécuter le cahier des charges, à quel coût horaire chargé, avec quelle part d’encadrement et quels consommables. Le prix au mètre carré n’apparaît qu’à la fin, par division.

Cette inversion explique la plupart des malentendus. Un client qui compare deux devis au mètre carré compare en réalité deux hypothèses de temps, souvent très différentes, sans jamais les voir. C’est la raison pour laquelle nous joignons le détail des heures à chacun de nos devis, même quand la consultation ne le demande pas.

La cadence, première variable

La cadence est le nombre de mètres carrés qu’un agent traite en une heure sur un poste donné. Elle dépend du revêtement, du dégagement, du matériel et du niveau attendu. Les ordres de grandeur que nous utilisons pour chiffrer, sur des sites nantais réels :

  • Plateau libre en sol souple, autolaveuse compacte : 550 à 700 m²/heure.
  • Bureau cloisonné, lavage à plat manuel : 250 à 320 m²/heure.
  • Allée d’entrepôt dégagée, autolaveuse autoportée : 2 200 à 3 000 m²/heure.
  • Zone rackée avec obstacles : 900 à 1 300 m²/heure.
  • Cage d’escalier en pierre, traitement manuel : 90 à 140 m²/heure.
  • Sanitaires complets, désinfection comprise : 40 à 70 m²/heure.

Le coût horaire chargé, deuxième variable

Le coût horaire d’un agent ne se limite pas à son salaire brut. Il intègre les cotisations, les congés, la prévoyance, la formation, les équipements de protection, l’absentéisme statistique et le temps de remplacement. Une entreprise qui affiche un prix nettement inférieur au marché n’a que trois façons d’y parvenir : réduire le temps réel, dégrader les conditions d’emploi, ou renoncer à l’encadrement.

Nous plaçons volontairement l’encadrement dans le calcul plutôt qu’en frais généraux. Un responsable d’exploitation qui passe une heure par mois sur un site est une heure facturée, visible dans le devis. C’est ce qui rend possible le contrôle mensuel noté, et c’est aussi le premier poste que supprime un concurrent qui veut baisser son prix de dix pour cent.

Ce qui fait varier le prix du simple au double

À surface identique, quatre éléments expliquent l’essentiel des écarts de prix entre deux devis : le taux de cloisonnement, la part de sanitaires, la fenêtre horaire imposée et la fréquence des travaux périodiques. Un plateau de 500 m² entièrement libre, à trois passages, sans contrainte d’horaire, se chiffre autour de 1,10 € par mètre carré et par mois. Le même 500 m² très cloisonné, avec quatre blocs sanitaires, cinq passages et une sortie obligatoire avant 7 h 45, dépasse 2,40 €.

Aucun de ces écarts n’est arbitraire. Ils sont tous reconstituables à partir des cadences et du temps. C’est précisément ce que doit permettre un devis correctement rédigé : refaire le calcul soi-même.

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